La rivalité entre Khabib Nurmagomedov et Conor McGregor reste l’un des chapitres les plus explosifs de l’histoire de l’UFC. Des années après leur affrontement emblématique à l’UFC 229 en octobre 2018, des anecdotes continuent de surgir, soulignant la profondeur de leur animosité. L’ancien champion UFC de deux divisions, Daniel Cormier, aujourd’hui analyste respecté et membre du Hall of Fame, a apporté un nouvel éclairage sur cette tension persistante. Selon Cormier, son ami proche Khabib refuse toujours de prononcer le nom de McGregor à voix haute, tant il éprouve de mépris pour l’Irlandais.
Cormier a expliqué que malgré sa retraite sportive invaincue et son retrait des projecteurs, Khabib n’a aucune envie de laisser la querelle prendre fin. Les principes du champion daghestanais, façonnés par son éducation, sa foi et son respect des arts martiaux, l’empêchent de dissocier les propos désobligeants de McGregor du combat lui-même. Pour comprendre pourquoi l’aversion de Khabib envers McGregor reste si personnelle, il faut revenir sur l’UFC 229. Les préparatifs du combat ont été parmi les plus controversés de l’histoire de l’UFC. McGregor, célèbre pour ses virulentes paroles, a franchi plusieurs limites dans sa promotion du combat.
Le combat lui-même a eu lieu à Las Vegas le 6 octobre 2018 et a été à la hauteur de l’impatience. Khabib a dominé le combat grâce à son grappling caractéristique et à sa pression incessante. Au quatrième round, McGregor était visiblement épuisé, incapable de contrer le contrôle étouffant de Khabib. À un moment donné, des micros ont capté McGregor murmurant à Khabib après le troisième round : « Ce n’est que du business.» Pour McGregor, cela rappelait que ses insultes et ses provocations faisaient partie du divertissement qui avait fait de lui la plus grande star du sport.
Mais la réponse de Khabib a révélé le fossé entre les philosophies des deux combattants. « Non, ce n’est pas du business », a-t-il dit à McGregor. Pour Khabib, le combat n’était jamais une question de théâtre ou de vente ; c’était une question d’honneur, de discipline et de respect. Quelques minutes plus tard, lorsque Khabib a pris McGregor dans le dos et l’a étranglé par derrière, forçant l’Irlandais à taper, il lui aurait lancé : « Je t’avais dit que je te briserais. » Le combat s’est terminé dans le chaos, Khabib sautant par-dessus la cage pour affronter les membres de l’équipe de McGregor, et des bagarres ont éclaté dans l’Octogone.

Le combat est devenu l’événement le plus regardé et le plus commenté de l’histoire de l’UFC, consolidant sa place dans l’histoire du sport. Daniel Cormier, qui s’est entraîné aux côtés de Khabib à l’American Kickboxing Academy et est devenu l’un de ses amis les plus proches, insiste sur le fait que cette animosité n’est pas une comédie. Il a expliqué que Khabib continue encore aujourd’hui d’éviter de prononcer le nom de McGregor, préférant simplement l’appeler indirectement. « Khabib ne prononce toujours pas le nom de Conor. Il le déteste », a confié Cormier, se souvenant de la férocité de cette rivalité.
Cormier a souligné à quel point ce combat était personnel pour Khabib. Alors que McGregor abordait cela comme un spectacle marketing, Khabib y voyait une question de respect et de dignité. Dans sa vision du monde, certaines limites ne doivent jamais être franchies, et le comportement de McGregor avant l’UFC 229 a garanti que la haine serait permanente. Cette perspective explique également pourquoi Khabib a quitté le sport sans perdre sa réputation. Contrairement à de nombreux combattants qui se délectent des propos injurieux et du spectacle, Khabib s’est démarqué en représentant non seulement lui-même, mais aussi sa communauté et sa culture. Son refus de prononcer le nom de McGregor témoigne de son engagement constant envers ces valeurs.
L’impact de l’UFC 229 continue de se faire sentir des années plus tard. Pour McGregor, cette défaite a marqué le début d’un déclin qui l’a vu se débattre avec la forme, les blessures et les controverses juridiques. Pour Khabib, cette victoire a marqué le tournant d’une carrière sans défaite qui s’est achevée sur un bilan parfait de 29 victoires pour 0 défaite avant sa retraite en 2020 suite au décès de son père et entraîneur, Abdulmanap Nurmagomedov.
Leur rivalité a transformé l’UFC. Elle a pulvérisé des records de paiement à la séance, attiré l’attention du monde entier sur les arts martiaux mixtes et mis en lumière le choc des personnalités et des valeurs qui rendent les sports de combat si fascinants. McGregor, le flamboyant showman, et Khabib, le guerrier stoïque, incarnaient deux philosophies opposées du combat.